Rapport de l’Agent Clarisse Musard,
La nuit fut courte, trop courte. C’est l’aube, le ciel est gris, la fraîcheur encore mordante. La caravane se meut doucement, s’enfonçant dans le sable à travers les dunes. Le soleil est déjà là, omniprésent et écrasant. La marche devient difficile, nous quittons définitivement la vallée de Nil pour grimper sur le plateau qui nous conduira à Al Qababt.Le dénivelé est raide et la piste devient chaotique. Le sable fait place à de la pierre dure et coupante. Les chameaux refusent parfois d’avancer. Je m’accroche à l’un d’eux, plus pour ne pas m’effondrer que pour m’aider à avancer. Je refuse de m’écrouler sous la chaleur et utilise toute mon énergie pour placer un pied devant l’autre. J’ignore combien de temps nous avons avancé. Je n’ai pas le moindre souvenir de cette journée. Je me rappelle juste avoir marmonné à Victor ‘Le premier tour est pour toi ce soir ! » avant d’aller me coucher.
Ce sont les cris des caravaniers pour faire lever les chameaux qui vont me réveiller.Victor n’ai pas venu faire le relais pour la garde et j’ai dormi toute la nuit. Inquiète, je me précipite dehors à sa recherche. Il est adossé contre une tente, endormi, un carnet ouvert près de lui. Rien de bien grave mais je prends cela comme un avertissement. J’avais eu la faiblesse de mettre la mission de côté et je ne pouvais me le permettre. Le MI 13 ne le tolérerait pas, je ne me le pardonnerais pas. La troupe se mît en route rapidement, sans doute car notre destination, Al Qababt, était en vue. Nous y arrivâmes dans la matinée. La caravane fut installée à l’extérieur de la ville pendant que nous découvrions le quartier occidental. Si Gloucesterhill était passé par là, il paraissait évident qu’il aurait arpenté ces lieux.
Sur une place, un hôtel, « La Rose des Sables », ainsi qu’un établissement qui devait sans doute être un salon de thé. Avec H nous entrâmes dans l’hôtel. Il n’y avait personne à la réception et je pris donc la liberté de consulter le registre. Trois chambres attirèrent notre attention, réservées au nom de « Bigfoot » et libérées dans la matinée. Je pris la décision d’aller les fouiller, demandant à H de surveiller la cuisine d’où sortait des bruits de conversations. La fouille des chambres fut une formalité mais malheureusement n’apporta peu de résultat. Une simple feuille manuscrite provenant d’un carnet, qui faisait vraisemblablement référence à une note d’un tailleur.
Il ne faisait nul doute, que Gloucesterhill avait séjourné ici. L’une des chambres avait l’odeur caractéristique que Pope avait décrit quand il avait pu entrer dans la pièce de l’ambassade de France mise à disposition de notre cible. Dans la chambre voisine, il y avait une très forte odeur d’épices ou d’encens, le contraste était saisissant. Rien de notable dans la dernière.
En rejoigna
nt H à la réception, nous attirâmes l’attention de la propriétaire des lieux, qui discutait auparavant avec son mari dans la cuisine. Quelques questions rapides nous permirent de confirmer que le groupe qui avait loué les trois chambres était manifestement Gloucesterhill et ses hommes de mains, ainsi que des membres de la secte du « Soleil Noir », dont une femme, qui semblait les commander. Le mari de la propriétaire des lieux avait longuement conversé avec Gloucesterhill, je décidais donc de pénétrer dans la cuisine pour échanger avec lui. Effectivement, cet homme là était un puits de connaissance ! Rapidement il me parla des vestiges romains de Al Qababt, mais surtout du Mastaba de Khéphren, me renseignant même sur sa localisation approximative. Malheureusement, toutes ces informations avaient été également communiqué à Gloucesterhill.
Lorsque nous ressortîmes de l’hôtel, Sunshine vînt vers nous, préoccupée. Elle nous expliqua qu’un papier lui avait été donné alors qu’elle était sur la terrasse du salon de thé.Un mot signé John Rafferty ! Ce dernier, visiblement paniqué, lançait un appel à l’aide. Ne sachant pas s’il s’agissait d’une demande véritable ou d’un piège, il fut décidé que Sunshine et Victor irait au point de rendez-vous, le salon de thé, pendant que je serais en surveillance à l’hôtel pour intervenir si besoin. De mon lieu d’observation tout semblait calme et l’hypothèse du piège semblait devoir être écarté. Cependant, quatre silhouettes se dirigeaient d’un pas décidé vers le salon de thé. Elles étaient vêtues de bleu et de cyan, les couleurs caractéristiques des membres de la secte du « Soleil Noir ». Ils s’engouffrèrent à l’intérieur de l’établissement et quelques minutes à peine plus tard, ressortirent avec Rafferty, livide, avant de disparaître dans les ruelles de Al Qababt.
Victor et Sunshine suivirent de près. J’eu du mal à comprendre leurs explications. Rafferty était retenu prisonnier par le « Soleil Noir » dont les sympathisants étaient nombreux en ville. Il devait participé à un rituel. Serait même sacrifié, selon ses dire, au Mastaba de Khéphren. C’était pour cela qu’ils étaient venus le chercher.
Dans ce tourbillon d’information, tout s’accélère. Sans que je sache vraiment comment nous sommes tous réunis, H avance l’idée d’une charge frontale pour extraire Rafferty et empêcher l’accomplissement du rituel. Victor approuve et Sunschine semble déterminée.
Pourtant, cela me semble extrêmement incertain car complètement irraisonné.
Le rapport de force n’est clairement pas en notre faveur, nous ne connaissons pas les lieux et finalement nous occultons notre mission première, Gloucesterhill et la pyramide de métal…..
