Rapport de l’Agent H
Avant notre départ pour le Caire, je convoque l’équipe afin de finaliser notre couverture. Il est impératif que nous restions discrets tout au long du voyage et à notre arrivée. Grâce à Wyatt, nous disposons d’une lettre de mission officielle du London’Style, essentielle pour justifier notre présence et faciliter nos démarches.
Chacun se voit attribuer un rôle précis : Emmy (Sunshine) et Judith (moi-même) serons les mannequins, Ron le photographe, Hélène la maquilleuse, et Piotr l’imprésario chargé de la logistique. Pour garantir la sécurité des mannequins et éviter tout incident, elles seront systématiquement accompagnées.
Je distribue à chaque membre une fiche synthétique détaillant son rôle, des anecdotes utiles, du vocabulaire adapté et des exemples de situations à anticiper.
La réunion est brève : le temps presse, car notre bateau, « L’Amon-Rê », appareille à 15h00. L’atmosphère est tendue, mais chacun semble prêt à jouer sa partition avec sérieux et discrétion.
À notre arrivée à bord, le capitaine Peter Winsor et son second, Dave Dikinson, nous accueillent brièvement. Parmi les passagers, je note la présence de trois Américains, ainsi qu’un homme coiffé d’un keffieh maintenu par un agal, accompagné d’une femme dont la beauté attire l’attention. L’atmosphère est feutrée, presque trop calme.
Nadia Youcef, membre de l’équipage, nous conduit à nos cabines : une pour deux personnes, point d’eau sommaire, couchettes étroites, douches reléguées au fond du couloir. L’agencement spartiate contraste avec la tension palpable qui s’installe.
Très rapidement, Emmy (Sunshine) se déclare épuisée. Elle s’enferme dans la première cabine, refusant toute compagnie. Ce repli soudain, dans le contexte de son trouble récent, m’alerte. Je transmets à Piotr (Pope) la nécessité de me rejoindre dès que possible. Pendant ce temps, Hélène préfère explorer le navire.