Chantons sur le Mont ! , 15 décembre 1927

Rapport du 17 décembre 1927, par l’Agent Janet Howard, alias Sunshine

 

Suite à mes problèmes, je n’avais pas suivi mes camarades en France. Néanmoins, quelques jours plus tard, on me donne une mission : Celle de les retrouver, eux et un agent nommé LECLOUX Pierre. Holmes n’a pas eu besoin de me dire qu’il était sans d’eux et qu’il était inquiet. On m’indique que LECLOUX serait parti sur les traces d’un Julien DOISSEAU accompagné par sa compagne Edith GROSJEAN et de son bras droit Alfred DUPONT. DOISSEAU Julien aurait pris contact avec la secte française du Soleil Noir, nommé la Loge de Thot. Il aurait ainsi réussi à se faire initier.

Portée par l’instinct de l’amitié, j’arrive en France, au Mont Saint-Michel, dans la soirée. Je traverse la digue malgré la dangerosité du chemin. Malgré ma lampe à huile, la nuit est très sombre. Lors de ma traversée, j’aperçois au loin, probablement sur une autre digue, une lumière flottante. Mes jumelles me montrent une silhouette en train de s’éloigner du Mont. Elle pose sa lampe derrière elle avant de disparaitre à moitié. Une simple tête flottante est visible avec mes jumelles. Cela me semble bien étrange mais je sais aussi que la mer n’est pas loin. Peut-être une personne un peu folle a voulu faire un bain de minuit. Plus rien ne m’étonne.

Arrivée aux portes de la citadelle, je suis reçue par le gardien qui se montre méfiant d’une arrivée aussi tardive. Je joue de la minauderie pour qu’il plaigne une femme seule et fatiguée au milieu de nulle part. Cela fonctionne puisqu’il me laisse entrer. Il me conduit ensuite à l’auberge de la Mère Poularde où on me donne rapidement une chambre. L’envie de dormir est loin de moi. Ma mission ne m’a pas quitté depuis mon départ. De ma fenêtre, je tente d’observer les alentours, cherchant quelque chose de suspect dans cette obscurité. Avec mes jumelles, je repère mes compatriotes. Je ne pensais pas les trouver aussi rapidement. Avec ma lampe torche dont j’atténue la luminosité, je tente de leur envoyer des signaux en morse. J’ai une réponse de l’agent H que je vois faire demi-tour.

La facilité avec laquelle je retrouve mes camarades me semblent assez bizarre, alors je me prépare à tomber dans un éventuel piège. Mais il n’y a aucun piège. L’agent H est arrivée à l’auberge pour m’emmener rejoindre les autres. Elle m’explique plus ou moins ce qu’il s’est passé. Ils seraient à la recherche d’un ouvrage Libertae Protectorus remis à une femme accompagnée de 4 hommes. Leur présence aussi tardive dans les rues de la ville serait dû à plusieurs déplacements lumineux convergeant vers une même zone avec des disparitions successive des sources.

Lorsqu’on rejoint Clarisse, Pope et Ron, ils ont déjà retrouvé et assommé Alfred DUPONT le bras droit de Julien DOISSEAU et un de ses acolytes. D’après eux, il semblait lire un livre aux puissances mystiques étranges. Pope aurait été absorbé par lui au point de ne plus percevoir son environnement. L’interrogatoire d’Alfed et de son acolyte leur aurait fourni la localisation de LECLOUX. Il serait sur l’île de Tombelaine.

Alors que nous tentions de décider notre action suivante, une entité a eu la possibilité de regarder à travers nos yeux lorsqu’elle le décide. Elle aurait lu l’esprit de l’agent H et aurait déclamé que nous ne savons rien. Cela m’a un peu perturbé. Notre action principale était d’aller délivrer LECLOUX, le pensant en danger. J’émet l’hypothèse que cette réponse énigmatique pourrait vouloir dire que nous faisions fausse route. Mais les arguments de chacun me dissuadèrent de cette éventualité. L’enchainement des événements me perturbe. Même si je suis heureuse de les avoir retrouvés, ils n’avaient visiblement pas besoin de moi.

L’île de Tombelaine est assez loin à pied mais la situation semble très pressante. LECLOUX pourrait être un nouveau sacrifié du Soleil Noir. N’écoutant que l’urgence de la situation, nous jugeons avoir le temps de traverser avant la prochaine marée.

Cette erreur a failli nous couter la vie. Conscients de possibles sables mouvants, nous piquons le sol avec attention. Nos lampes sont éteintes afin de ne pas annoncer notre arrivée. Nous avançons plutôt bien jusqu’à entendre les vagues de la mer se rapprocher. Nous accélérons le pas avec toujours une grande méfiance. Cela ne suffit pas et déjà nous sentons l’eau à nos pieds. Le sol de la mer monte et descend, nous enfonçant dans de l’eau froide d’abord jusqu’aux chevilles puis aux mollets.

La suite devient floue. Nous sommes dans le noir. L’eau monte de plus en plus jusqu’à sentir le courant nous balancer. Nous réussissons à nous rattraper de justesse les uns les autres. Mais Clarisse finit par être introuvable. La peur nous gagne d’avoir perdu un agent et moi une amie. Notre arrivée sur le sable apaise mon cœur terrifié. Nous sommes hors de danger et Clarisse finit par sortir également des flots. Son visage pétrifié par la peur m’indique qu’elle boira encore moins d’eau maintenant.

Nous n’avons pas le temps de nous attarder sur cette heureuse retrouvaille. Il faut retrouver LECLOUX. Et nous le retrouvons dans un fort où il est attaché. Il nous indique que ses ravisseurs viennent de partir avec l’intention de contrôler le mal démoniaque qu’ils ont libéré ou qu’ils veulent libérer. C’est en partant à leur recherche que nous les découvrons en train de lever les voiles précipitamment. Leur encre n’est même pas complètement relevée. Nous tentons de les arrêter avec des tirs mais nous sommes déjà trop loin pour les toucher. C’est alors qu’une force ou un monstre engloutit le bateau sous les eaux en une poignée de secondes.

Au loin, nous voyons également le mont Saint Michel qui s’allume et les cloches de l’abbaye retentissent avec en fond des cris déchirants.

Nous tentons de raisonner vite et bien. Nous ne pouvons pas traverser la mer sans être englouti nous aussi par cette chose et nous avons des informations précieuses concernant le but de ces fanatiques.

Nous trouvons alors un quantique censé nous protéger des éléments du mal invoqué par le Soleil Noir

« Ô Saint Michel, Protégez-nous.

Que les flots barbares des profondeurs restent et meurent.

De la mer, les remous nous t’ouvrons nos cœurs croyants, Seigneur.

Que ta lumière repousse les obscurités du Mal.

Ô seigneurs, tes enfants pressent le pas dans ton chemin

Que notre foi dévouée fasse advenir tes desseins.

Ô Archange, que ton glaive bienveillant terrasse la peur

Que dans nos cœurs, le sien répand.

Ô Saint Michel, protégez-nous. »

 

Notre foi semble être notre dernière chance de sauver les habitants de Saint-Michel. Engagés dans une barque, nous entonnons ce quantique avec l’espoir de sa réussite. Nous arrivons sain et sauf de l’autre côté. La peur et l’horreur terrasse la ville qui fait face à une invasion d’homme-poisson sortis de l’eau.

Notre rapidité d’action est de nouveau utilisée. Nous chantons ce quantique dans la ville pour éloigner ces ennemis. Cela fonctionne et nous l’enseignons aux habitants qui le reprennent avec nous. A l’auberge de la Mère Poularde, nous demandons à ce que tout le monde le chante avec vigueur tandis que nous nous dirigeons vers l’abbaye.

La force de ce chant repousse les êtres difformes pour les renvoyer dans la mer. Nous avons sauvé le Mont Saint-Michel. Mais à quel prix ?!

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